* * * * *,  2025,  Edité,  Papier,  Roman

Mère à l’horizon par Jacques Gamblin

 » Il faut livre ce livre. C’est très doux, très émouvant. C’est un livre qui, quand on l’a terminé, donne envie d’appeler sa mère  » Augustin Trapenard, La Grande Librairie

Je n’ai plus que la mémoire de l’instant, dit-elle.
Elle reste assise de longues heures, les rideaux à peine ouverts.
Elle veut bien voir le dehors mais que le dehors ne la voie pas.
Elle se met du rouge à lèvres quand elle reçoit une visite.
Son premier baiser, elle l’a donné entre les casseroles et les pinces multiprises.
Elle rêvait de jouer le jazz.
Un jour, elle est montée à la grande échelle.
Comment tu vas te déguiser au prochain carnaval ? Elle répond :
En courant d’air.
Elle a commencé à perdre l’audition il y a quelques années. La mémoire a suivi et couru à sa perte. Sans bruit. Sans choc. Avec la vie qui change de volume.
Pour combler les phrases qu’elle ne prononce plus, j’écris. J’attrape son silence au vol, le fais rebondir, pour l’aimer encore, autrement, pour l’aimer mieux.

Un hommage bouleversant à la mère, où le rire n’est pourtant jamais loin, prêt à déferler sur la grève.


C’est ma mère qui m’a demandé de lui acheter ce livre, parce qu’elle en avait entendu parler à la radio.

Et aussi parce qu’elle connait Madame Gamblin chez qui elle a acheté tout son service de cuisine il y a quarante ans et qu’elle utilise encore tous les jours.

Alors, avant de lui porter le livre la semaine prochaine et comme je prenais le train, je l’ai mis dans mon sac et je l’ai lu, presque d’une traite…

Un livre touchant, très émouvant, plein de tendresse et de mots gentils, mais qui ne fait pas l’impasse sur la vieillesse et ce qu’elle entraine comme incompréhension auprès des proches, qui montre bien comment, petit à petit, un mur se dresse entre nos ainés et nous-mêmes. Même si on tente de faire ce qu’il faut pour que ce mur ne monte pas trop vite… il monte quand même, inexorablement.

Nous en faisons l’expérience en ce moment, ou plutôt mes sœurs, parce que moi j’habite loin de chez maman. Le quotidien c’est elles qui le vivent, c’est elles qui le gèrent, avec amour et dévouement. Et elles essaient de toutes leurs forces d’empêcher ce fameux mur de grimper trop vite. Mais c’est parfois trop dur. L’incompréhension parfois…. « tu peux venir m’aider ? » – « j’arrive maman » – et quand elle arrive: « pourquoi tu viens, je n’ai pas besoin qu’on m’aide,je peux me débrouiller toute seule, je ne veux rien lâcher.. » mais tu as déjà lâché maman, mais tu ne veux pas te le dire…

Il y a des passages du livre ou j’ai retrouvé maman au travers de Madame Gamblin. Évidemment.. Il y a même des pages que j’ai prises en photo et envoyées à mes sœurs !

Madame Gamblin dont maman va me parler comme si elle l’avait vue hier… Il y a quarante ans !! Par contre, ce qu’elle a mangé hier soir, impossible de s’en souvenir !!

Le mur, vous dis-je… le mur !!

Merci Monsieur Gamblin d’avoir écrit ce livre avec tout l’amour que vous avez pour votre maman et qui transparait à chaque mot.

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