Une pension en Italie par Philippe Besson
Milieu des années 60, en Toscane.
Un été caniculaire.
Une famille française en villégiature.
Un événement inattendu.
Des vies qui basculent irrémédiablement.
Un secret qui s’impose aussitôt.
Un écrivain, héritier de cette histoire, en quête de la vérité.
Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Chambre avec vue et Sur la route de Madison.
Il est des écrivains qui vous embarquent, même si vous êtes réticent.
C’est le cas de Philippe Besson que j’ai lu il y a quelques années dans D’ici on voit la mer.
Depuis des jours, on le voit sur les écrans, on l’entend à la radio présenter son dernier livre « Une pension en Italie ».
Et il en parle tellement bien que je bois ses paroles. Et, même chez Nagui, pourtant le roi des divulgacheurs, rien ou presque ne transparait dans le fameux secret de famille qui est le nœud de ce roman.
Un secret que le petit fils du héros principal réussit à soutirer à sa mère qui a vécu cette aventure quand elle était petite fille.
Alors, après avoir terminé le Requiem pour la dame blanche et en attendant Les belle promesses de Pierre Lemaitre qu’on doit m’offrir dimanche pour mon anniversaire, j’ai acheté le livre de Philippe Besson.
Avide de découvrir le fameux secret, je me suis plongé dans la lecture et je suis parti en Italie avec Paul, Gaby, Colette et Suzanne.
Immédiatement, j’ai été embarqué dans les oliveraies, les chemin assommés de chaleur et le chant des grillons qui vous mine le crâne. je les ai entendus les grillons, je vous assure !
Et puis, au fil de l’écriture fluide et précise de Philippe Claudel, je me suis bien douté de ce qu’allait être ce fameux secret, je le sentais venir, se dessiner doucement sous les mots, les expressions et les regards.
Enfin, il est apparu au grand jour et là je me suis dit « C’est donc ça le fameux secret que je voyais poindre au fil de pages ? »
Et, je l’avoue, j’ai été déçu.
Déçu d’avoir deviné si vite, j’ai trouvé ça facile, sans imagination, presque attendu.
Et j’ai continué ma lecture, mais elle n’avait pas le même goût. Je m’attendais à un secret de famille plus travaillé, plus difficile à deviner, moins évident.
Mais, et c’est là que l’auteur est fort, il a dû se douter de ma déception et la lecture a pris une autre tournure.
Je ne veux pas en dire trop, justement pour ne pas divulguer le secret, mais Besson a trouvé les mots justes, les images parfaites, les descriptions précises pour me faire monter à nouveau dans la découverte de la lecture.
Et j’ai suivi attentivement le ressenti de tous les acteurs de ce secret. Celui de Gaby, la femme de Paul et celui de Suzanne leur fille. En replaçant ce secret dans les années soixante, il est vrai que c’était un fameux secret, enfoui dans bien des familles, sûrement dans plus qu’on ne peut l’imaginer.
Ce secret qui nous parait bien léger en 2025, tant on a d’exemples autour de nous qui ont vécu la même chose, était LE secret qu’il fallait taire absolument dans les années soixante, sous peine de subir toutes les horreurs dont parle l’auteur vers la fin du livre.
La fin du livre ? Parlons-en de la fin du livre. Moi qui me disais déçu par le secret du livre, j’ai fini en larmes au milieu du petit cimetière italien. Touché. Coulé.
La preuve, s’il en est besoin, que ce secret m’a touché profondément et que Philippe Besson a fait mouche et a réussi à me retourner comme une crêpe.
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